Pierre CAO nous a quittés.
A voir et à lire les hommages et les commentaires au moment de cet événement, personne ne peut douter qu’il s’agissait d’un personnage qui aura marqué d’une empreinte très forte le monde du chant choral.
En fondant en 1999, les Rencontres Musicales de Vezelay, l’ensemble vocal Arsys, la Cité de la Voix, il couronnait l’engagement d’une carrière de musicien et de pédagogue au service du chant choral, au cours de laquelle la préoccupation du monde des amateurs ne l’a jamais quitté.
C’était l’aboutissement d’un projet que je l’avais entendu exposer en partie dès 1979 dans les locaux de la DRAC à Lille, lors d’une réunion avec Pierre Host,conseiller à la musique à la DRAC, et Michel Leduque, responsable A Cœur Joie du Nord Pas de Calais, qui n’aboutira malheureusement à aucune réalisation concrète dans la région.
Cette réunion faisait suite à un projet de concert mis sur pied par A Cœur Joie avec le Festival de Lille qui avait abouti à une prestation donnée par des choristes A Cœur Joie du Nord Pas de Calais avec l’orchestre de Radio Luxembourg au Palais St Sauveur ( le Nouveau siècle n’existait pas encore) sous la direction de Pierre Cao. L’œuvre interprétée était la Messe Solennelle de Cherubini.
Cette action avait été organisée comme le sont désormais les ateliers régionaux, avec des week- ends de répétitions, conduits par Pierre Cao lui même. Ces répétitions étaient accompagnées par un pianiste, jeune à l’époque, dont c’était sans doute une des premières expériences d’accompagnement : Jacques Schwab.
Elle était aussi la première collaboration entre ACJ et le Festival de Lille, alors dirigé par Maurice Fleuret, initiateur de La fête de la Musique quelques années plus tard.
La proposition d’un projet « amateur » mené par Pierre Cao, dont la réputation commençait à se répandre, avait été accueillie avec un certain enthousiasme par le Festival.
Par la suite, de nombreux choristes de cette opération ont participé à des ateliers menés par Pierre Cao dans le cadre des Choralies ( notamment un Requiem Allemand de Brahms aux Choralies de 1983 ) ou de la Semaine Chantante « Musique en Morvan » dont il fut un fidèle pendant de nombreuses éditions.
J’ai personnellement un souvenir ému d’une séance de chant commun tout à fait spéciale à Europa Cantat à Strasbourg en 1985 avec un « Beau Danube Bleu » pour chœur et orchestre sous sa direction en présence du chancelier Khol et du président Mitterand.
Claire Marchand étant une de ses anciennes élèves, a fait appel à lui à plusieurs reprises lorsqu’elle assurait la classe de direction chorale au Conservatoire de Lille, que ce soit pour des séminaires ou la participation à des jurys de fin d’année.
Il racontait que sa mauvaise santé quand il était jeune l’avait conduit à être musicien au lieu d’être ouvrier à l’usine sidérurgique locale. Cette mauvaise santé l’avait conduit dans un établissement hospitalier où il avait rencontré Michel Corboz, lequel avait écrit à César Geoffray qu’il avait rencontré un jeune musicien prometteur .
Il racontait aussi comment Paul Carrot lui avait proposé de prendre sa succession à la tête de la Psalette de Lorraine et comment ce chœur d’amateurs, qu’il aura dirigé pendant 25 ans, lui a permis de faire sa « révolution baroque ».
Il n’est pas étranger à la création du Chœur de chambre de Namur aujourd’hui dirigé par Leonardo Garcia-Alarcon, à la création de l’INNEC…
Combien de chefs de chœur se réclament d’avoir suivi son enseignement, ses conseils ?
Pour tout ça, merci Pierre !
AB.



